
Bien que Pristina annonce la fin prochaine de la soi-disant indépendance surveillée, le développement de la situation au Kosovo-Metochie permet de conclure que ce processus ne serait terminé ni vite, ni facilement. Avant cela, il faudra débattre du statut du Kosovo-Metochie. Un aperçu de la plume d’Ivana Subasic.
Mercredi dernier, à la session du gouvernement, le Premier ministre du Kosovo Hashim Thaci a déclaré que le Groupe de pilotage international, composé par ailleurs des représentants des pays qui ont reconnu le Kosovo, adopterait le 2 juillet la décision sur l’achèvement de la surveillance de l’indépendance du Kosovo. Cependant, ce n’est pas la première fois que Pristina envoie un tel message. Depuis la réunion en février à Vienne, lorsque le Groupe de pilotage International avait adopté la recommandation sur la suppression du Bureau civil international avant la fin de l’année en cours, Pristina annonce sans cesse l’achèvement de l’implémentation du soi-disant plan d’Ahtisaari. Dans le cadre des recommandations pour l’achèvement de la surveillance de l’indépendance, le Parlement du Kosovo avait aussi adopté une résolution sur la clôture du Bureau civil International. Cependant, il a été suggéré à Pristina de s’engager davantage dans l’adoption non pas seulement des actes légaux concrets, mais aussi des amendements et modifications de la Constitution. Néanmoins, les adversaires de Thaci s’y opposent fermement, accusant le Premier ministre du Kosovo de souhaiter établir, en cachette, un statut spécial pour le Nord du Kosovo-Metochie, comme prix d’achèvement de la surveillance de l’indépendance. Il est évident qu’à Pristina n’existe pas le consensus politique au sujet du statut spécial du Nord, et il n’y en aura pas, vu l’humeur de l’opposition. Il n’y a pas de doute que le gouvernement de Thaci a des pieds d’argile.
Une partie des analystes de Pristina est d’avis que l’achèvement de la surveillance de l’indépendance est plutôt de nature rhétorique et déclaratoire. Ils sont convaincus que l’Eulex et la „Quinte“ internationale continueront à contrôler et à être compétents pour certains domaines. Cependant, les Serbes du Kosovo-Metochie, qui s’opposent ouvertement à toute présence de Pristina dans le Nord du Kosovo-Metochie, croient de moins en moins en les „bonnes intentions“ de la communauté internationale, parce qu’ils sont convaincus qu’elle œuvre au profit de Pristina. Leurs doutes ont été renforcés par les demandes de la suppression de l’administration de la MINUK, qui travaille depuis 2002 à Mitrovica Nord. La situation est aggravée aussi par l’interprétation unilatérale des accords auxquels il a été parvenu dans le dialogue technique de Belgrade et de Pristina, conduit avec la médiation de l’UE. Suite aux incidents les plus récents dans le Nord, les éléments de la Kfor avaient essayé de supprimer les barricades dans le Nord du Kosovo-Metochie, sous prétexte d’établissement de la libre circulation. Les Serbes locaux ont de moins en moins confiance en les forces internationales.
Ils ont exprimé leur mécontentement, à vrai dire, entre les lignes, au référendum, qui a eu lieu en février et par lequel ils ont clairement fait savoir qu’ils n’acceptaient pas les institutions de Pristina, en dépit de la qualification de nullité exprimée au sujet du référendum par Belgrade et les facteurs internationaux. C’est pourquoi dans le contexte de la situation actuelle sur le champ et avant tout des tentatives des autorités du Kosovo d’établir à tout prix, avec le soutien d’une partie de la communauté internationale, le contrôle dans cette partie de la Province, il devient clair que la situation du Nord du Kosovo-Metochie devrait faire objet des entretiens et qu’à ces entretiens devraient participer aussi les représentants des Serbes du Kosovo-Metochie.
