13.000 personnes sont toujours portées disparues dans la région de l’ex-Yougoslavie

Čet, 08/30/2012 - 19:46 -- MRS
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La Coordination des associations serbes des familles de personnes portées disparues en ex-Yougoslavie a fait appel aujourd'hui à tous les gouvernements de la région de faire de leur mieux pour trouver et identifier les personnes disparues et de se consacrer à la résolution de ce problème avec professionnalisme, détermination et responsabilité. Plus de détails par Djuro Malobabic.

A l'occasion de la Journée internationale des personnes portées disparues, observée aujourd'hui, la présidente de la Coordination, Natasa Scepanovic, dit qu'il y a encore plus de 13.000 personnes portées disparues dans le conflit en ex-Yougoslavie, dont plus de 4.000 Serbes. Selon les données énoncées par Mme Scepanovic, 1698 Serbes sont portés disparus en Republika Srpska, dont 1012 civils, 1958 personnes sont portées disparues en Croatie, ainsi que 526 personnes de nationalité serbe au Kosovo-Metohija.

Veljko Odalovic, président de la Commission pour les personnes disparues du gouvernement de Serbie a exprimé l'espoir que d'ici la fin de l'année, les dirigeants de la région adopteraient un document commun sur les personnes portées disparues. M. Odalovic a dit que l'année dernière, les corps de 70 personnes ont été identifiés et remis à leurs familles en Croatie, ce qui, a-t-il ajouté, est un avancement par rapport à la période précédente.

«C'est bien plus, mais ce n'est pas suffisant. Il a été insisté d‘exhumer plus de 350 tombes, mais cela est fait lentement, car c'est le gouvernement croate qui est pleinement mandaté de décider à ce sujet », a dit M. Odalovic, en ajoutant que la Serbie a un accord intergouvernemental avec la Croatie qui régit la coopération dans la recherche des personnes portées disparues. Il a dit que la signature d'un tel accord était proche avec la Bosnie-Herzégovine, et qu'il a déjà été signé avec le Monténégro.

S'exprimant sur la question des personnes disparues au Kosovo-Metohija, M. Odalovic a déclaré que le Groupe de travail sur les personnes disparues poursuivrait son travail là-bas, car cette question ne peut pas être laissée aux commissions d'Etat, « étant donné que le Kosovo n'est pas un Etat ». Comme il l’a indiqué, plus de 1.500 cas de personnes disparues ont été résolus dans la période passée au Kosovo-Metohija, et les autorités serbes et le Groupe de travail sur les personnes disparues continueront de faire pression afin que soit résolu le problème de ce que l’on appelle la « Maison jaune », dans le nord de l'Albanie, et du trafic d'organes humains. En parlant du site Zilivode, près de Vucitrn, M. Odalovic dit que bien que le site soit fermé et que l’Eulex ait déclaré qu’il n’y a pas de restes humains, pour la partie serbe, ce lieu « n'est toujours pas fermé ».
« Si la société kosovare ne s’ouvre pas vers ce problème, si en Croatie il n’y a pas d’informations sur de nouveaux sites et si en Bosnie-Herzégovine ne se montre pas plus ouverte elle non plus, j’ai bien peur que nous aurons un problème » dit clairement M. Odalovic. Il a rappelé le gros problème que représente l’identification trop longue d'environ 5.000 cadavres non identifiés qui se trouvent à Zagreb, Sarajevo, Visoko, Banja Luka et Pristina. « La question des personnes disparues est l'une des principales menaces à la stabilité dans la région», a déclaré M. Odalovic, en ajoutant que la Serbie et les autorités compétentes continueront à insister que, en plus de la recherche des personnes disparues, il soit œuvré à traduire en justice les responsables des crimes.

Dragan Pjevac, président du Conseil administratif de la Coordination des associations serbes des familles de personnes portées disparues en ex-Yougoslavie, a souligné qu’une approche différente de l’Etat que par le passé à la question des personnes portées disparues était nécessaire. «Je suis sûr que l'Union européenne, la Croix-Rouge internationale et la Commission internationale sur les personnes portées disparues ne s’opposeraient pas à ce que la Serbie exacerbe ce problème », dit M. Pjevac.