
La visite à Bruxelles du président de la Serbie, Tomislav Nikolic, n’a rien apporté de nouveau, car, les deux parties ont réitéré leurs positions bien connues. La nouveauté est que ces positions ont été avancéees par le nouveau président. Néanmoins, une déclaration, lorsqu’il est question des futurs entretiens avec Pristina, peut être interprétée de différentes manières.
Les positions dirigées vers le public international, et, les officiels européens ne différaient pas de celles adoptées par Boris Tadic. Cependant, certaines choses furent dirigées vers le public du pays. Au cours de la rencontre avec la haute représentante de l’UE, Catherine Ashton, le président Tomislav Nikolic a changé l’affirmation qu’il serait préférable qu’il mène personnellement les entretiens avec Pristina. Il a dit, cette fois-ci, que le Premier ministre devrait mener les négociations, les accords, et, les entretiens, puisqu’il est resté peu de choses sur quoi il faut se mettre d’accord, bien que très importantes. Cet engagement n’est pas à repprocher, car le dialogue technique a abouti à une impasse. Même la mise en place de ce qui a été convenu, s’est réduite à une lutte voilée autour des compétences, il s’agit donc de questions statutaires, irrésolues.
Il n’est pas contestable que les nouveaux pourparlers, avec un mandat différent des négociateurs, soient la meilleure des solutions, mais le président Nikolic devrait estimer, avant d’avancer une telle proposition, s’il est acceptable pour Bruxelles que les négociations sur le statut s’ouvrent. Vu qu’il hésitait quel mot employer si bien qu’il a mentionné, ’’accords, négociations, entretiens’’, il semble qu’il soit conscient de la complexité des problèmes. Ce que l’on pourrait le plus obtenir, à l’heure actuelle, en tant que niveau politique des négociations, c’est la définition du statut du Nord du Kosovo. Il est même difficile d’aborder une telle question. La Serbie a donc devant soi des entretiens sur la suite des négociations, et, entre temps, il faut résoudre certains dilemmes internes.
A conditions que la communauté internationale accepte l’élevation du niveau, ce qui était jusqu’à présent impensable, vu la position de la majorité que le statut du Kosovo est une chose réglée, la partie serbe devra réexaminer les relations au sein de la délégation négociatrice. D’abord, si le niveau de la délégation, qui représente les intérêts de la Serbie, est plus haut, cela ouvrira alors aux politiciens albanais une possibilité pour que, eux aussi, élèvent le niveau et tentent de se présenter en tant qu’Etat. C’est ce qu’a averti le négociateur technique, Borko Stefanovic, dans une interview accordée à la radio, ’’Deutsche Welle’’. ’’Si le président Nikolic se décide à mener personnellement les négociations, cela serait une propre reconnaissance du Kosovo. Le chef d’Etat est le porteur de la souveraineté. S’il en venait à réaliser des accords et à apposer sa signature, cela aurait un caractère contraignant. S’il vient à la table des négociations, avec la partie albanaise, et, lui sert la main, cela veut dire que nous sommes égaux’’, dit M. Stefanovic. Il faut dire aussi que la situation est la même s’il est question du Premier ministre en tant que négociateur. Vient ensuite la question que la précédente délégation, n’a pas réussi à résoudre, à savoir si les représentants des Serbes du Kosovo devraient participer aux pourparlers. Ainsi que l’affirment M. Stefanovic, ils refusaient jusqu’à présent d’entrer dans la délégation. Ils auront peut-être une autre attitude par rapport à la délégation, sous les auspices du président Tomislav Nikolic, mais il faut d’abord qu’ils acceptent de s’entretenir avec les Albanais.
Finalement, toute l’analyse de la déclaration du président, Tomislav Nikolic, que le futur Premier ministre devrait négocier avec Pristina, sous-entend qu’il a fait une bonne estimation, ce qui apporterait les meilleurs résultats. On peut espérer qu’il ne s’agit pas d’un nouveau marketing politique, autrement dit, du souhait que la responsabilité soit endossée sur quelqu’un d’autre. Cela ne serait pas bon, car, une nouvelle instabilité politique s’installerait. A côté de tous les problèmes qu’a déjà la Serbie, l’annonce même qu’il existe des désaccords au sein de la partie serbe, ne peut que pousser les Albanais du Kosovo en a profité.
