
Après une assez longue hibernation, le créateur de l’« Etat » du Kosovo en termes légaux formels, le diplomate finlandais Martti Ahtisaari, est de nouveau actif dans « l’affaire » qu’il a entamée dans le temps. Il y a quelques jours, en fait, presque immédiatement après la constitution du gouvernement serbe, il a recommandé à l'Union européenne de ne pas admettre la Serbie avant que Belgrade ne reconnaisse l'indépendance du Kosovo! Martti Ahtisaari affirme encore que la Serbie, comme il le dit, a mal agi envers les Kosovars, qu’elle a perdu le droit sur la province et que, à l’instar de son attitude, il ne faut céder aux Serbes nulle part, et surtout pas en Bosnie-Herzégovine.
Les propos neurasthéniques envers les Serbes du diplomate finlandais d’un âge avancé, pour qui non seulement les cercles bien informés affirment qu’il est lobbyiste albanais, ne sont pas nouveaux et sont toujours à prévoir. M. Ahtisaari a démontré à plusieurs reprises son attitude incorrecte et son entêtement à l’égard du peuple serbe qui pouvaient carrément être qualifiés de haine dans certains stades de sa « mission de paix ». Son plan pour le Kosovo, dévoilé dans le temps, est aussi le fruit d'une telle attitude, qu’il fallait tout donner aux Albanais et tout ôter aux Serbes.
Toutefois, la dernière déclaration de M. Ahtisaari, est le comble de ce qu’on peut qualifier pour le moins de manque de correctitude et de respect des normes élémentaires humaines et diplomatiques. M. Ahtisaari, a sans aucun doute des raisons pour cela, et ces raisons se situent, malheureusement, en dehors de la politesse et de la diplomatie. Qu’est-ce qui a vraiment dérangé et « réveillé » le Finlandais? Près de trois mois après les élections, la Serbie a obtenu un nouveau gouvernement et elle fait face à de sérieux défis. Les plus grands sont sans aucun doute la question du Kosovo-Metohija, la poursuite des négociations entre Belgrade et Pristina et les intégrations européennes. Le monde suivait de près le processus d’orientation de la Serbie, et il a obtenu une réponse claire dans l'accord de coalition de la majorité au pouvoir et dans les lignes directrices du programme du gouvernement. L’orientation pro-européenne de la Serbie mise en évidence, sa volonté de poursuivre le dialogue avec Pristina et l’élévation de ce processus au prochain niveau, la participation éventuelle des représentants de l'ONU dans les négociations, ainsi que quelques nouvelles idées et de modèles pour le règlement de la question du Nord de la Province, semblent avoir bouleversé le diplomate finlandais. Tout porte à croire que la conscience que tout cela pourrait menacer les fondements de son quasi-Etat du Kosovo, l’a amené à réagir.
Néanmoins, la voix de M. Ahtisaari n’est plus entendue comme autrefois. Les raisons à cela sont nombreuses, mais au premier plan se situent l’inconséquence mentionnée et une partialité pathologique, l’inapplicabilité pratique de son modèle « d’Etat », les crimes contre les Serbes du Kosovo passés sous silence et la poursuite du nettoyage ethnique, à la place du retour des personnes déplacées. Le Finlandais avait l’occasion de feindre au moins la neutralité, de condamner les meurtres brutaux et les blessures infligées aux Serbes du Kosovo, qui se font plus fréquents ces derniers temps, d’appeler à ce qu’aux moins certains des agresseurs soient découverts et sanctionnés, que les choses bougent du point mort dans l’éclaircissement de certains des crimes de masse antérieurs contre les Serbes, que les meurtriers des témoins des crimes soient découverts. Il pourrait, par conséquent, s'il voulait feindre d’être correct, au moins publiquement demander à ce que des conditions soient imposées aux autorités de Pristina afin que les crimes soient résolus. Mais au lieu de ces pressions indispensables, le rêve d'un avenir européen du gouvernement de Thaci est se réchauffe, et Ahtisaari y joue un certain rôle. Tout porte à croire que pour ces raisons, une rue de Pristina sera nommée d’après diplomate finlandais, peut-être de manière semblable comme dans le cas de Bill Clinton, mais son auréole de pacificateur, si il l’a jamais eu dans des milieux objectifs, est de plus en plus lointain.
