
Pristina ne cesse de faire des gafs diplomatiques. Alors que l’encre sur l’accord de Bruxelles, relatif à la représentation régionale, n’a pas encore sêché, les autorités de Pristina ont de nouveau ouvert la question des municipalités au Sud de la Serbie, et ce, en finale du neuvième round du dialogue sur le Kosovo. Le fait que Pristina a des aspirations envers cette partie de la Serbie, n’est pas un secret. La question se pose de savoir pourquoi elle a été ouverte au moment où le dialogue a abouti à certains règlements concrets, quoique pas les meilleurs. Un rapport signé Ivana Subasic.
Le rêve d’un Kosovo indépendant, précisément, de la création d’une grande Albanie, date déjà depuis la première Ligue de Prizren, en 1878. A ce moment, avaient été définis, pour la première fois, la stratégie et les objectifs de la création d’un grand Etat albanais, et ce, en rattachant les parties des territoires de plusieurs Etats balkaniques – le Sud de la Serbie ( le Kosovo-Métochie et trois municipalités dans la vallée de Presevo), la Macédoine occidentale, les parties orientales du Monténégro, et, l’Epire en Grèce. La Deuxième et la Troisième ligue de Prizren eurent les mêmes objectifs. Les services de renseignement, allemands – Abver, ont créé, en 1943, en tant qu’association militaro-politique, la Deuxième ligue de Prizren pour pouvoir contrôler le territoire du Kosovo à l’aide des Albanais. La Troisième ligue de Prizren est également une association militaro-politique, qui a été créée, en 1946, aux USA, par un groupe de citoyens de souche albanaise. Les membres de cette organisation luttaient pour la création d’une Grande Albanie, à l’aide de propagande et de sabotage. Ils furent le plus actifs au cours des années 50 et 60 du siècle dernier, lorsqu’ils infiltraient d’Albanie sur le territoire du Kosovo-Métochie, des groupes terroristes, avec pour but de perturber l’ordre étatique de l’ancienne Yougoslavie, et, de créer un Kosovo indépendant, qui se rattacherait plus tard à l’Albanie. Des méthodes similaires avaient été utilisées par l’UCK terroriste au cours des évènements récents, dans la Province méridionale, serbe.
L’indépendance autoproclamée du Kosovo ainsi que la création ’’d’un grand Kosovo’’, sont considérées comme des phases menant à la réalisation du mouvement politique ’’Grande Albanie’’, qui a pour objectif d’unir tous les Albanais ethniques, et, les territoires où ils vivent, ou bien, où ils vivaient autrefois dans une entité. Ainsi, la déclaration de la chef du team négociateur de Pristina, Edita Tahiri, selon laquelle, certaines autres parties du territoire serbe appartiennent à son Etat autoproclamé, peut être perçue dans le contexte de l’idée de la création d’une Grande Albanie.
Néanmoins, dans le contexte du dialogue, Belgrade-Pristina, on ouvre la question de l’utilité de telles déclarations. Non seulement à cause de la position de Belgrade, qui ne reconnait pas le Kosovo autoproclamé, mais également au niveau de la position du Groupe de contact et d’une grande partie de la communauté internationale, selon laquelle, ’’la modification des frontières dans les Balkans est terminée’’. Si l’on tient compte de cela, une conclusion s’impose que de telles démarches de Pristina sont forcées, avant tout, par les évènements sur la scène politique de Pristina, et, les objections de l’opposition de là-bas, à l’accord de Bruxelles sur la représentation régionale du Kosovo. De l’avis du public professionnel, un tel comportement de Pristina ne surprend pas, car, les Albanais soulèvent la question du Sud de la Serbie lorsqu’ils n’arrivent pas à réaliser leurs buts dans les négociations avec Belgrade.
Pour ce qui est du problème du Kosovo, il faut être prudent. Or, une chose est certaine. L’ouverture de la question du Sud de la Serbie mettrait en question non seulement l’actuel dialogue sur le Kosovo, mais également la stabilité de l’ensemble de la région. A l’heure actuelle, cela serait néfaste aussi bien pour Belgrade que pour Pristina, mais aussi pour la région des Balkans occidentaux, notamment, dans le contexte des intégrations européennes.
