La Serbie à un pas plus près d’un nouveau Gouvernement

Sub, 06/30/2012 - 17:02 -- MRS
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Après plus d’une décennie, le Parti socialiste de Serbie (SPS) mènera sans doute à nouveau le gouvernement de Serbie, étant donné que le leader actuel de ce parti, Ivica Dacic, a été nommé mandataire. Dans la nouvelle majorité parlementaire qui se profile, il n’y a pas de partenaire le plus important du SPS, le Parti démocrate, ce par quoi a pratiquement été annulé l'accord initial conclu par les deux partis entre les deux tours des élections, lorsque la combinaison politique actuelle semblait impossible.

Jeudi, le 28 juin, grande date historique et fête religieuse serbe, la Saint Vid, Saint-Guy, le Président de Serbie, Tomislav Nikolic, a confié au leader des socialistes, Ivica Dacic, le mandat de constituer un gouvernement dans lequel la majorité parlementaire sera constituée du Parti du progrès serbe (SNS), de la coalition Parti socialiste de Serbie –Parti des retraités unis de Serbie – Serbe unique et du parti Régions unies de Serbie. Dans sa première déclaration après l’obtention du mandat, Dacic a déclaré que la seule raison pour renoncer à la constitution du gouvernement avec le Parti démocrate (DS) était son intention d'accepter la grande responsabilité de diriger le gouvernement dans des circonstances difficiles dans lesquelles se trouve la Serbie. Cela a été une surprise pour beaucoup, mais ce n’était pas nouveau pour la scène politique serbe, étant donné que le partenariat entre le SPS et le DS, conclu il y a quatre ans pratiquement de la même manière, était tout aussi imprévu. Il n’y a toujours pas d’entente précise sur la composition du gouvernement. Selon certaines attentes, des négociations difficiles suivront au sein de la future coalition au pouvoir, principalement sur le programme et les priorités du gouvernement face à un grand nombre de problèmes, avant tout économiques et sociaux, mais aussi la question du statut du Kosovo et des intégrations européennes. Le gouvernement ne s'attend pas à une tâche facile, étant donné que selon les interprétations des économistes, la Serbie est dangereusement proche de la crise de la dette, et selon le nouvel avertissement de la Banque mondiale, si des mesures décisives ne sont pas prises, il est incertain si la Serbie sera en mesure de rembourser ses dettes à partir d’octobre. Elle aura besoin soit d’un afflux du capital de l'étranger au moyen d’investissements directs, d'endettements et de privatisation, soit de restrictions nettes dans les dépenses, telles que gel des salaires et des pensions et les augmentations des impôts. En ce moment, il est difficile d’obtenir de l’aide de l'étranger, surtout si les autorités ne sont pas prêtes à des mesures d'économie. Les mesures impopulaires ne seront pas faciles pour le gouvernement dont fait partie le Parti des retraités unis de Serbie, qui insiste sur les droits des retraités, son électorat primaire. La campagne électorale du SNS abondait également de promesses d'une meilleure situation économique et des conditions favorables pour les investisseurs. Il est prévu que l’entente la plus difficile entre les nouveaux partenaires de coalition soit celle sur les questions économiques, et la plus facile sur la poursuite des intégrations européennes.

La question se pose de savoir quelle incidence aura la constitution de la nouvelle coalition au niveau national sur la constitution du pouvoir à l'Assemblée de la Province autonome de Vojvodine, mais aussi au niveau local, en particulier à Belgrade, où la coalition autour du DS et du SPS a déjà constitué le pouvoir.

Un progrès crucial dans les négociations, la nomination du mandataire pour la constitution du gouvernement, a été salué par l'UE, les États-Unis et la majorité des de la communauté internationale, qui ont qualifié de très positif le fait que tous les partis qui négocient sur la constitution du nouveau gouvernement expriment nettement leur orientation proeuropéenne.