La solution pour le Kosovo-Metochie d’une manière différente

Ned, 07/08/2012 - 18:19 -- MRS
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La suppression de l’indépendance surveillée du Kosovo, l’inquiétude manifestée par les pays occidentaux, notamment des Etats-Unis, à propos du comportement qu’adopteront à ce sujet les nouvelles autorités en Serbie, les nouvelles pressions sur Belgrade pour qu’elle établisse les relations autant bonnes que possible avec Pristina, tout cela rend cet été insupportablement chaud. La solution de ce grand problème pourrait être beaucoup plus simple qu’elle ne le semble en ce moment, mais il faut examiner des options différentes et choisir la plus rationnelle. Un aperçu de la plume d’Andjelka Marisavljevic.

Lorsque, pour la première fois dans l’histoire, la reine d’Angleterre Elisabeth II avait serré la main au Premier ministre adjoint de l’Irlande du Nord Martin McGuiness, par ailleurs ancien chef de l’Armée républicaine irlandaise IRA et confirmé ainsi, d’une manière symbolique, que le conflit sanglant entre les Britanniques et les Irlandais, par ailleurs protestants et catholiques, au sujet de l’Irlande du Nord, qui durait des siècles, appartenait désormais au passé, de nombreux se sont posé la question sur ce qu’ils avaient appris et nous, dans les Balkans, n’avons toujours pas. La rencontre a eu lieu 14 ans depuis la proclamation par l’IRA de la fin de la lutte contre le pouvoir britannique et l’entrée de l’aile politique Sinn Fein dans les négociations et plus tard dans le système de pouvoir en Irlande du Nord. La situation n’est pas idéale dans ce domaine aujourd’hui non plus, mais ils sont sur une bonne voie et la rencontre mentionnée représente encore un pas dans le processus durable de rétablissement de la paix.

Deux faits sont visibles tout de suite, d’abord que ce conflit avait commencé à s’apaiser seulement dans le cadre des intégrations européennes plus vastes. Ensuite, des moyens importants des fonds de l’UE ont été investis dans l’Irlande du Nord. Les investissements visaient à renforcer le secteur civil et les collectivités locales, ce qui a réduit le besoin d’un contrôle d’Etat ferme dans des domaines divers, notamment ceux relatifs à la vie quotidienne des habitants. A la fin, cela a engendré des relations plus relaxées non seulement en Irlande du Nord, mais aussi entre la Grande Bretagne et l’Irlande, qui ne manifestaient, pendant longtemps, aucune aptitude pour le compromis.

L’administration européenne a adopté une approche réfléchie et sérieuse dans le problème de l’Irlande du Nord. En témoignent les déclarations du président de la Commission européenne Jose Maneul Barroso, qui a souligné, à plusieurs reprises, l’importance des investissements économiques dans les régions en conflit. Selon lui, l’Irlande du Nord est devenue un exemple pour le monde entier qu’il est possible d’établir la paix et la réconciliation dans une société profondément scindée.

„L’histoire ressemble à celle de la Communauté européenne, il y a 50 ans, et, comme dans ce cas, l’histoire de l’Irlande du Nord démontre que les parties opposées, avec des tendances diamétralement différentes, peuvent dépasser les partages, travailler ensemble et partager l’avenir commun“, a déclaré Barroso pour la presse.

Le conflit de la Grande Bretagne et de la République d’Irlande au sujet de l’Irlande du Nord ne pouvait pas être comparé avec notre problème du Kosovo-Metochie. De nombreux pointeront des différences multiples – les origines du conflit, le droit à la souveraineté, la composition de la population, tout cela est sans aucun doute différent. Cependant, il est important pour nous d’examiner le problème de l’aspect de l’avenir, et non pas du passé. Toutes les tentatives de Belgrade et de Pristina de parvenir à un accord ont échoué jusqu’à présent. Le progrès dans le règlement des questions soi-disant techniques est presque négligeable. Etant donné le début des nouvelles négociations, qui ne devrait pas tarder, cette fois, selon les annonces, au niveau suprême, le moment est propice maintenant pour bien étudier des conflits similaires dans le monde, d’élaborer un plan réaliste et réalisable sur la base des expériences positives, c’est-à-dire, de fixer des objectifs réalisables.

Vu qu’il fut confirmé, à plusieurs reprises, que personne ne demandait à Belgrade de reconnaître formellement le Kosovo, il semble que dans la phase actuelle, les questions de territoire et du statut pourraient être mises du côté. D’après l’expérience de l’Irlande du Nord, nous devons demander à l’UE, mais aussi aux autres pays qui considèrent comme résolue la question du statut, de l’aide financière autant importante que possible pour les territoires dans lesquels vivent des Serbes. Le développement de ces territoires sous-entend par automatisme la survie des Serbes. C’est par le renforcement de leur autonomie économique, des collectivités locales et du secteur civil que nous aurions réalisé beaucoup plus qu’avec des floscules politiques dépourvues de sens. Il s’agit, bien évidemment, d’une nouvelle manière de réfléchir, mais le moment est bon pour aborder les problèmes avec beaucoup moins d’émotions et beaucoup plus de bon sens.