L'agraire sous la frappe des changements climatiques

Pon, 07/23/2012 - 20:05 -- MRS
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L'impact des changements climatiques sur l’environnement est de plus en plus intense, et les premiers sous leur frappe sont l'agriculture et la production alimentaire. Les experts estiment que la sécheresse réduira de la moitié les moissons de céréales en Serbie, et les séquelles des dommages sont estimés à plus de deux milliards de dollars. Globalement, le nombre de personnes frappées par la famine et de celles qui sont au bord de la pauvreté est en hausse et les conséquences peuvent être prévenues dans une certaine mesure par une application plus importante de normes pour la préservation de l'environnement, ainsi que par la mise en œuvre de mesures agrotechniques. Plus de détails par Jelena Milenkovic.

Une hausse subite du prix des céréales aux bourses mondiales est prévue, ce qui est le résultat d’une sécheresse sans précédent dans les derniers cinquante ans aux Etats-Unis, mais aussi d’une grande vague de tempêtes qui ont balayé l'Europe occidentale au début de la moisson de blé. Le blé a été décimé dans le sud de la Russie en en Ukraine, et les experts estiment que seulement huit millions de tonnes de blé panifiable proviendront de cette région, ce qui est moins que l'année dernière. Les experts internationaux estiment qu’au niveau mondial, la quantité de blé sera de quelque 23 millions de tonnes inférieure qu’en 2011. Les hausses soudaines des prix sont inévitables, et la mesure dans laquelle un pays sera affecté dépend de ses stocks et de sa stabilité financière.

L'agriculture serbe est la première à être frappée par les changements climatiques, ce qui a été démontré qu cours des dix dernières années. Comme l'a déclaré Milan Dacic, directeur de l’Institut météorologique de Serbie, en raison des changements climatiques, les sécheresses sont de plus en plus intenses dans la Péninsule balkanique, la région méditerranéenne et l'Europe du Sud,. La question pour les créateurs de la politique agricole, qui s'attendent à un revenu plus élevé de l'agriculture, est celle de savoir comment la Serbie n'a-t-elle pas encore développé un système d'irrigation. La construction des systèmes d'irrigation ce qui couvrirait au moins la moitié des terres arables, est une priorité nationale. Une lueur d'espoir dans la possibilité d’assurer des fonds à ces fins, est que la Banque mondiale a approuvé un prêt de 65,5 millions de dollars. M. Dacic laisse entendre aux agriculteurs de prêter une plus grande attention aux prévisions météorologiques à long terme, dont la précision et la probablilité sont toujours plus grandes. Dans la dernière décennie, les sécheresses ont coûté d'environ 1,7 milliard de dollars à l'agriculture serbe.

La sécheresse qui a duré plusieurs mois en Serbie a surtout affecté les céréales, notamment le maïs, dont le rendement sera réduit de la moitié et s’élèvera à environ 3,5 millions de tonnes. Une sort similaire est prévu pour le tournesol, la betterave sucrière, la luzerne et les cultures fourragères. Les économistes estiment qu’il y aura moins de céréales à l'exportation, mais il y aura suffisamment de blé panifiable pour les besoins du pays. Vojislav Stankovic, expert pour le secteur agraire dans la Chambre de commerce de Serbie, a déclaré que selon une première évaluation, les dommages causés par la sécheresse s’élèvent à environ 2,1 milliards de dollars. Pour illustrer l’ampleur des dégâts, M. Stankovic a dit qu'ils se situaient au niveau de l'investissement pour la construction de systèmes d'irrigation. Ce qui est toutefois inquiétant est qu’un petit nombre d’agriculteurs ont manifesté leur intérêt à assurer leurs récoltes, bien que le gouvernement leur ait accordé 40% de remboursement sur la prime d'assurance. Compte tenu du déficit budgétaire, il est peu probable que l'Etat sera en mesure d’indemniser les dommages des agriculteurs. Cependant, il y a quelques mesures incitatives qui permettent aux agriculteurs de traverser cette situation difficile. M. Stankovic estime que l'exonération du paiement de l'impôt sur le revenu cadastral, ainsi que le report des obligations pour les crédits bonifiés peuvent faciliter la situation des agriculteurs serbes. Les chocs de prix sont inévitables, mais l'approvisionnement régulier des marchés en aliments de première nécessité ne sera pas affecté, car il ya des stocks considérables de l’année dernière.