
A l’approche de la suite du dialogue sur le Kosovo-Métochie, et Belgrade et Pristina s’en tiennent fermement à leur position. Belgrade ne reconnaitra jamais le Kosovo mais est prêt à s’entretenir d’un éventuel règlement. Or, pour Pristina, l’indépendance est une chose terminée. Dans une telle situation, tout règlement semble insaisissable. Toutefois, l’histoire des litiges ethniques et territoriales dit le contraire... Le modèle chypriote, le Tyrol du Sud, l’Irlande du Nord, les iles Aland...ne sont que certains des règlements, qui peuvent aboutir à une solution durable à la fois pour le Kosovo et la Métochie. Plus de détails de la plume de Ivana Subasic.
En annonçant une lutte diplomatique, intense, pour le Kosovo-Métochie, le président de la Serbie, Tomislav Nikolic, a dit être prêt à proposer certains des règlements, qui ont aidé à surmonter des litiges semblables dans beaucoup d’Etats européens. Une partie du public professionnel est scéptique quant à cette idée, car, comme il l’estime, la question se pose de savoir si certains de ces modèles est applicable également dans le cas du Kosovo-Métochie. Le fait est que chacun de ces modèles est apparu dans différents cadres, sociales, religieux, économiques, géographiques, et, périodes, et, qu’après la proclamation unilatérale de l’indépendance, les circonstances au Kosovo-Métochie ont considérablement changé. Toutefois, la majorité des analystes estime qu’en combinant différents règlements, il est possible de parvenir à un modèle acceptable à la fois pour Belgrade et Pristina. Cela veut dire que chaque partie peut s’en tenir à sa position de principe – à savoir que la Serbie ne reconnait pas le Kosovo, et, que Pristina affirme qu’elle est indépendante – mais, de cette manière, une voie sera ouverte vers la normalisation des circonstances dans la Province.
Le modèle chypriote est peut-être le règlement le plus souvent mentionné. Dans le cas de Chypre, le déttachement d’un groupe ethnique s’est également produit. La manière dont l’UE a réglé ce problème, pourrait bien être appliquée dans le cas du Kosovo. Chypre a été admis au sein de l’UE, avec la remarque que d’ici le règlement du statut, autrement dit, d’un accord des deux communautés ethniques des Turcs et des Grecs, les règles et la législation de l’UE ne sont pas appliquées dans la partie septentrionale du territoire. Néanmoins, la question chypriote est gelée depuis 30 ans, et, un conflit gelé de plus n’est pas dans l’intérêt ni des Balkans occidentaux ni de l’UE. Après la Première guerre, le Tyrol du Sud a été détaché de l’Autriche et rattaché à l’Italie. En vertu de l’accord de Paris, après 1945, la minorité allemande a obtenu un large éventail de droits – les autorités locales, une autonomie éducative et culturelle, une proportionnalité dans l’emploi. Selon des accords ultérieurs, ces droits ont été confirmés, et, avec le temps, élargis.
La base du ’’modèle belge’’est la position de la communauté allemande dans la province de la Valogne. Bien qu’ils constituent avant tout une communauté linguistique, qui compte près de 70 000 personnes, les Allemands dans ce pays ont aussi de larges droits politiques. Leur parlement a le droit de véto sur les décisions des autorités centrales. Le problème de l’Irlande du Nord est le problème ethnique et religieux des plus connus entre la majorité protestante et la minorité catholique, en Europe. Au terme de plusieurs décennies de négociations et d’accords échoués, l’Irlande du Nord a finalement obtenu, par l’accord de paix, en 1998, un Gouvernement avec une large autonomie, et, en revanche, l’IRA a renoncé à la violence en tant que moyen de règlement des litiges. On mentionne de plus en plus le modèle des iles Aland. Lorsque la Finlande a proclamé l’indépendance après la Révolution d’octobre, les citoyens des iles Aland, dont 95% sont d’origine suédoise, ont demandé à se déttacher et à se rattacher à la Suède, qui a amorcé cette question dans la Ligue des peuples. Or, la communauté internationale n’a pas autorisé le déttachement. Au lieu de cela, suivant la décision de 1921, les iles Aland ont obtenu une large autonomie dans le cadre de la Finlande. Les iles Aland ont été démilitarisées, elles ont leur Gouvernement et leur Parlement, leur propre drapeau, leur police, et, une adhésion indépendante au Comité nordique. Le Gouvernement et le Parlement peuvent décider de tout, excepté de la politique étrangère, de la défense, et, de la majorité des questions, concernant la loi civique et pénale, le système judiciaire, les douanes et les impôts. Aucun des modèles connus n’est pas directement applicable aux autres litiges ethniques et territoriaux, tel le problème du Kosovo-Métochie, mais dans chacun d’eux, il existe des éléments, qui peuvent servir d’inspiration dans la recherche d’un règlement optimal pour la Province méridionale serbe. Toutefois, le modèle le moins acceptable est celui de ’’deux Allemagnes’’, du diplomate allemand, Wolfgang Ischinger, sur l’établissement des relations de Belgrade et de Pristina à l’instar de l’accord des deux Etats allemands, indépendants, de 1972. Bien qu’il n’y eut de reconnaissance mutuel, les deux Etats étaient assis au sein des Nations Unies, mais pour la Serbie, qui ne reconnait pas Pristina, ce règlement n’est pas acceptable, car, cela voudrait dire reconnaitre pratiquement Pristina.
Beaucoup de temps et d’énergie ont été dépensés au cours des décennies passées dans le règlement du problème kosovar, et ce, sans résultats. Le précédent kosovar, qu’ont soutenu les diplomaties occidentales, leaders, n’a pas eu l’effet attendu, mais, a sérieusement touché les fondements de l’ordre juridique international, et, a aggravé davantage le problème. Le dialogue technique, autrement dit, l’interprétation différente des accords réalisés, a confirmé la position de Belgrade, selon laquelle, toute question technique ouvre la question du statut, aussi faut-il élever les négociations à un plus haut niveau politique et ouvrir un large débat politique sur le Kosovo-Métochie. Cette proposition a été soutenue par les diplomaties occidentales, leaders, ce qui, semble-t-il, est bon signe.
