Les crimes sans chatiment

Čet, 07/12/2012 - 17:57 -- MRS
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Il y a quelques jours, encore deux Serbes ont été brutalement tués au Kosovo-Métochie. Les organes de la police et de la justice dans la Province font savoir qu’ils ne savaient pas qui a commis ce crime ni pourquoi, bien qu’il soit évident qu’il s’agissait d’un crime aux motifs ethniques, ayant comme objectif d’expulser et tuer ce petit nombre de Serbes restants au Kosovo-Métochie. Un aperçu de la plume de Vukomir Petric.

Je séjournais trois fois dans la maison de la famille serbe de Milovan et Ljiljana Jevtic dès leur retour dans le village Talinovac près d’Urosevac. Je me souviens encore de l’énergie et de l’optimisme de Milovan, son désir de renover le village, pour que les anciens voisins reviennent. Nous passions le temps le plus souvent à la terrasse, goutant les poires et les prunes fraiches de son fruitier ou le miel de sa ruche, qu’il avait formé justement après son retour. Cependant, je me souviens le plus souvent de l’histoire de son petit chien, qui a quitté, d’une manière presque inexplicable, ses propriétaires, les voisins Albanais, et qui est venu dans la famille Jevtic. Et rien ne pouvait le séparer d’eux, les Albanais essayaient plusieurs fois le reprendre, mais ce petit chien revenait toujours dans cette famille. Milovan m’a dit qu’au début il y avait des difficultés en communication avec ce chien, plus précisément, il ne comprenait rien quand Milovan lui parle en serbe, mais, avec le temps, il a tout compris.

Milovan et Ljiljana étaient fiers de tout ce qu’ils avaient fait, ils soulignaient souvent qu’ils croyaient à leurs voisins Albanais, l’un d’eux avait même préservé leur maison, presque complètement. Ils disaient même qu’ils n’avaient aucune raison d’avoir peur, qu’ils allaient librement où ils voulaient. Milovan, le représentant du village, avait une camionnette qui était à la disposition de tous les rapatriés.

Je me souviens souvent d’une autre victime aussi, mon interlocuteur et mon ami, qui a perdu sa vie de la même raison et de la même manière, dans la maison où il est né, et d’où il était expulsé. Mi-juin 2006, je visitais le rapatrié Dragan Popovic, du village Klina en Métochie. Il était justement revenu dans sa maison, avec un grand jardin, et il les avait arrangés. Nous étions assis à la table qu’il venait de fabriquer créée, à l’ombre, nous buvions le café et nous parlions des projets. Il était courageux et déterminé à rester dans sa maison, bien qu’il ait su que sa vie était en danger. Il montrait les traces des balles dans les portes de la maison et sur les murs, ce qui était le signe de bienvenue de ses voisins. Il disait qu’il fuira devant ses lâches de l’obscurité, et j’ai lui promis que je le visiterai à nouveau. Malheureusement, je n’ai jamais revu Popovic il a été tué quelques jours après notre dernière rencontre. Ce Serbe âgé n’a rien fait et même aujourd’hui, la police et la justice du Kosovo-Métochie ne savent pas qui l’a tué ni pourquoi.

Encore un rapatrié serbe, Djuro Krasic, du village Grebenik près de Klina, me parlait du même contexte l’année dernière. « Nous sommes ici comme les chiens. Chacun peut nous maltraiter, attaquer, tuer, sans sanctions. Garde ta tête, et ne s’attend pas à une protection, de personne ».

Il s’agit seulement de fragments de l’image générale du Kosovo, et tout cela témoigne comment semble ce Kosovo « multiethnique et démocratique » d’aujourd’hui, pour lequel les officiels occidentaux confirment qu’il avait atteint le succès et les normes dans le domaine du règne de droit. Les meurtres des Serbes et les autres crimes contre eux se passaient toujours et par la règle au moment où il semble visible un retour réussi ou la création des conditions pour leur vie normale. Les auteurs n’étaient jamais découverts. Ce sont des indices évidents et suffisants qu’il s’agissait, non pas du crime des individus albanais extrémistes, mais d’une stratégie bien réfléchie justement de ceux qui règnent aujourd’hui au Kosovo. Pourquoi l’Occident ferme ses yeux constamment devant tous ces crimes ?