Obtiendra-t-on un Gouvernement technocratique?

Uto, 06/19/2012 - 19:31 -- MRS
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Nous ne voyons pas d’inconvénient à ce que l’on négocie longtemps sur le futur gouvernement de Serbie, mais au fait que les résultats de ces négociation soient incertains. Personne ne nous garantit que les politiciens, qui arriveront à se mettre d’accord, seront meilleurs que les précédents. Plus de détails de la plume de Andjelka Marisavljevic.

L’actuelle situation est qu’excepté en Serbie, le nouveau pouvoir doit être constitué dans encore deux pays paradigmatiques – en Grèce et en France. La Grèce est un pays, qui a perdu le contrôle de son destin, qui dépend de l’aide des autres, et, où les partis, qui ont généré la crise, doivent réparer la situation. Quant à la France, nous avons la réponse des électeurs à la crise, qui comprennent les relations de cause à effet dans la politique, autrement dit, le fait que, seul, un pouvoir compacte peut protéger les intérêts français au sein d’une communauté hétérogène telle qu’est l’UE. La victoire convaincante des socialistes aux élections parlementaires a rendu plus puissant le président François Hollande, ce que comprennent également ses partenaires européens.

Quand nous observons ces exemples, et, les comparons avec la situation en Serbie, il n’est pas difficile de conclure à quel modèle nous appartenons. Une grande confusion règne sur la scène politique de la Serbie, non seulement parce que sur la scène figurent les mêmes personnages, mais parce que les électeurs, en Serbie, ont du mal à relier les processus préélectoraux et postélectoraux. Ce que nous obtenons comme résultat définitif après les élections, est loin d’être l’image créée avant les élections.
Voilà pourquoi, l’électeur ordinaire hausse les épaules et affirme que tous sont les mêmes. La pression du public de constituer au plus vite le gouvernement, est grand, mais il semble qu’elle n’aportera rien de bon.

Les média ont déjà établi que la constitution de tous les Gouvernements précédents, depuis l’an 2000 jusqu’à nos jours, avait duré longtemps, que l’un d’entre eux avait été constitué, le dernier jour, après trois mois – délai préscrit par la Constitution. Au cours de la dernière décennie, la Serbie progressait très lentement, et, aux élections, on votait pour les mêmes personnes. Il existe toutefois une différence – le temps ne fait rien pour les politiciens, les mêmes fautes portent atteinte à leur autorité. C’est une chose à laquelle est également confronté le président du Parti démocrate, Boris Tadic, qui s’est plaint au public que les intérêts de parti et personnels dominaient sur l’intérêt général. Il est toujours un pas plus près de la constitution du gouvernement, mais il semble que ce pas est très grand.

La crise de l’autorité se profile aussi dans l’autre camps, car, le Parti progressiste serbe est confus devant la possibilité de devenir le principal parti, qui constituera le gouvernement. Au cas où il céderait toutes les plus importantes fonctions aux partenaires de coalition, la question se pose de savoir à qui appartiendrait le gouvernement. Il peut se produire qu’en Serbie, tout dépende non point des vainqueurs électoraux, mais, au contraire, des partis, qui ont obtenu beaucoup moins de voix. Si le leader des Socialistes, Ivica Dacic, peut bien se vanter d’un plus grand nombre de voix, il en est pas de même pour la coalition autour du G17 – actuellement, les Régions Unies de la Serbie. Ce paradoxe de la scène politique, serbe, pourrait coûter cher à toute la société.

Que reste-t-il à faire ? Ce qui vient à l’idée de tous les pays, qui sont confrontés à une crise sérieuse – c’est de songer à un Gouvernement technocratique. Un gouvernement technocratique, est un gouvernement, où les ministres ne sont pas des politiciens. Au lieu de cela, ils devraient être des experts dans les domaines de leurs ministères. Lorsqu’un gouvernement technocratique est établi, en tant que création non démocratique, elle ne peut subsister que jusqu’à de nouvelles élections, mais de tels gouvernements peuvent mettre en place des réformes douloureuses, et, aucun parti ne serait tenu responsable. Ce qui est plus important, à l’heure actuelle, c’est l’occasion de ‘’nettoyer’’la scène politique et de rétablir l’autorité des politiciens.

La question se pose de savoir à quel moment un gouvernement technocratique pourrait apparaitre en Serbie ? Il semble que nous sommes encore loin d’y assister. Au cas où l’on parviendrait à un accord sur le nouveau gouvernement, ce dernier prendrait une énorme responsabilité, avant tout, celle de ne pas vivre ‘’le scénario grec’’. Si notre élite politique se montre incapable de faire sortir le pays de la crise, il ne faudra pas alors fuir devant l’idée des ‘’technocrates’’. Il s’agirait d’une leçon de plus de maturité et de démocratie des électeurs, en Serbie.