
A l’approche de la suite du dialogue avec Pristina, Belgrade annonce l’intensification de la lutte diplomatique pour le Kosovo-Métochie et demande qu’aux négociations participe également l’ONU, outre l’UE. C’est un signal plus que clair que la Serbie ne reconnaîtra jamais l’indépendance du Kosovo, mais elle est prête à s’entretenir d’éventuels règlements. Un aperçu signé Ivana Subasic.
Une lutte résolue de la Serbie pour le Kosovo-Métochie a été annoncée par le président de la Serbie Tomislav Nikolic. Il demande qu’à la suite du dialogue avec Pristina participe également un représentant de l’ONU, outre le médiateur européen. Cette demande était la base de la rencontre de Nikolic avec le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, qui a visité Belgrade dans le cadre de la tournée de six jours dans les Balkans occidentaux. En vertu de cette idée, le dialogue sur le Kosovo serait toujours mené sous les auspices de l’UE, mais avec la participation d’un représentant spécial de l’ONU qui serait nommé par Ban Ki-moon personnellement. De cette manière, constatent les analystes la Serbie obtiendra le contrepoids aux membres de l’UE qui soutiennent l’indépendance du Kosovo et dont les positions influent directement ou indirectement sur le dialogue au profit de Pristina. Dans le contexte des demandes formelles, mais aussi informelles posées à Belgrade, en ce qui concerne le Kosovo, par Washington et Bruxelles, il est compréhensible que la Serbie demande un format politique plus large du dialogue et l’introduction de l’ONU, car à l’Organisation mondiale décident également les Etats qui ne reconnaissent pas l’indépendance du Kosovo – la Chine, la Russie, mais aussi les pays non-alignés.
Bien qu’il n’ait pas présenté un plan concret pour le Kosovo-Métochie, le président de la Serbie dit qu’il est prêt à proposer les règlements déjà appliqués tel le modèle „belge“ qui définit le statut des Allemands en Belgique et Tyrol du Sud. Selon les analystes, il peut être question de ses modèles seulement si le point de départ est l’autonomie du Kosovo au sein de la Serbie. Dans ce sens, ils rappellent qu’après 2008, lorsque Pristina a proclamé l’indépendance unilatéralement et en contournant la Résolution 1244 du Conseil de sécurité, les circonstances au Kosovo-Métochie ont considérablement changé. Et Pristina, bien qu’elle s’engage en principe en faveur de la suite du dialogue, tente toujours, grâce au soutien des principaux pays occidentaux, de mettre la Serbie devant le fait accompli et d’établir le contrôle sur tout le territoire du Kosovo. Dans ce sens, soulignent les analystes, il faudrait éclaircir au plus vite si un des modèles appliqués proposés par Nikolic, concernerait tout le Kosovo ou seulement le Nord.
„A travers l’histoire, particulièrement après la Première et la Seconde guerre mondiale, en Europe ont été appliqués de nombreux modèles par lesquels étaient réglés les litiges ethniques et territoriaux, mais eux tous sont autochtones et spécifiques pour l’entourage où ils sont appliqués“, rappelle dans l’entretien accordé à Radio Serbie Internationale l’ex-diplomate, professeur à la Faculté des sciences politiques Predrag Simic. Il dit que pour cette raison, pour le Nord du Kosovo, si cette question est ouverte, sera trouvé un règlement qui sera très authentique et peut-être extraordinaire – une sorte de condominium entre Belgrade et Pristina. „En Europe ont été réglées d’une manière semblable les questions d’Andorre, du Lichtenstein, des Iles Åland...L’autonomie d’Åland existe depuis 1921, et l’initiateur de ce modèle a été la Ligue des peuples de l’époque, et en 1995, lorsque la Finlande et la Suède entraient à l’UE, ce modèle a été modernisé. En vertu de ce modèle, les Iles Åland sont une région spécifique, formellement sous la souveraineté de la Finlande, mais pratiquement sans une grande influence d’Helsinki“, souligne Simic.
Etant donné le rapport actuel des forces à l’UE et au Conseil de sécurité de l’ONU. il semble que Nikolic devra, nonobstant la question de savoir si ses propositions concernent tout le territoire du Kosovo, ou seulement le Nord, assurer sur le terrain national aussi un large soutien politique, et ceci non seulement du gouvernement de la Serbie, mais aussi du Parlement. Comme il l’a dit lui même, „seulement de cette manière il est possible de parvenir à une plate-forme unique pour le Kosovo qui ne s’opposera pas à la Constitution et aux intérêts des citoyens de Serbie“.
