Un automne dur pour la Serbie?

Uto, 07/24/2012 - 16:18 -- MRS
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L'Occident soutient en principe le parcours européen de la Serbie et ne demande pas à Belgrade une reconnaissance formelle de l'indépendance du Kosovo. Cependant, les signaux en provenance de Washington et de Berlin laissent à penser qu’un travail dur attend la Serbie sur ce chemin. Il est de plus en plus incertain si Belgrade obtiendra d'ici à la fin de l’année une date pour entamer des négociations avec l'UE. Plus de détails par Ivana Subasic.

Formellement, l'application des accords conclus et la reprise du dialogue avec Pristina sont les principales conditions politiques pour obtenir la date pour le début des négociations de l'UE avec Belgrade. Cependant, les spéculations que les principales diplomaties occidentales, celle des Etats-Unis et celle de l’Allemagne s’attendent à ce que Belgrade normalise les relations avec Pristina soulèvent la question de savoir si le nouveau gouvernement va réussir à concilier ces exigences avec la Constitution serbe.

Les analystes locaux ne sont pas optimistes quant à l’obtention par la Serbie d’une date pour les négociations de préadmission à l’UE jusqu’à la fin l'année et rappellent que chacun des critères d'admission de nouveaux membres, ou de groupes de membres dans l'Union européenne est avant tout une décision politique. Autrement dit, il dépend de la constellation actuelle des forces et des intérêts dans l'UE. Une chose est certaine, la Serbie se verra confrontée à beaucoup de travail aussi bien sur le plan intérieur que sur le plan diplomatique. Il est nécessaire de résoudre d’abord les questions en apparence marginales, telles que la ratification de la Accord de stabilisation et d'association, qui a été signé en 2008, et qui ne peut pas être appliqué, parce qu'il n'a pas encore été ratifié par un seul membre de l'UE – la Lituanie. D'autre part, soulignent les analystes, des problèmes plus graves existent, tels que la demande de l'Allemagne de retrait de la police serbe du Kosovo et l'ouverture mutuelle des bureaux à Belgrade et Pristina. Par conséquent, le nouveau gouvernement aura beaucoup de travail qui ne relèvera pas seulement de la compétence de la diplomatie et il y aura certainement encore de nombreuses trames jusqu’à ce qu’une réponse à la question posée ne se crystallise.

Du sommet du pouvoir des estimations peuvent être entendues de plus en plus souvent que le nouveau gouvernement devra être prêt à faire beaucoup de choses qui ne sont pas exactement populaires. Une chose est claire - il ne sera pas demandé à Belgrade de reconnaître officiellement le Kosovo, même si des pressions pourraient être exercées. Il existe cependant de nombreux pays dans le monde qui n'acceptaient pas une certaine réalité, mais attendaient pendant des décennies et parfois pendant des siècles pour la changer. La Chine a attendu plus de cent ans pour récupérer Hong Kong et Macao sous sa souveraineté, et la question de Taïwan existe aussi. Certains analystes estiment que c'est précisément la relation entre la Chine et Taïwan qui peut servir de modèle à qui cherchent un compromis sur la question du Kosovo. Pékin ne reconnaît pas Taipei, Taipei ne reconnaît pas Pékin non plus, mais tous deux conviennent qu'il n’y a qu’une seule Chine, bien que chacun se voit dans le rôle de représentant de cette Chine unique. Toutefois, cela n'affecte pas l’ampleur de leurs échanges mutuels, qui est s’élèvent à des dizaines, et ces dernières années à des centaines de milliards de dollars. Cela est peut-être un bon modèle, mais il est difficile de dire si c’est sur lui que sont fondées les spéculations sur les exigences d'ouverture de bureaux à caractère non diplomatique à Belgrade et à Pristina. Trouver un modèle de compromis est certainement une question difficile pour Belgrade. D'autre part, le rapport des milieux politiques albanais envers la suite du dialogue indique que Pristina n’est pas vraiment disposée à normaliser ses relations avec Belgrade.

Une partie des analystes approuvent la thèse selon laquelle une introduction plus rapide des Balkans occidentaux dans la famille des nations européennes contribuerait au règlement concret du problème du Kosovo. Cependant, il est de plus en plus souvent estimé que l'UE n'est pas ce qu’elle était il ya vingt ans, mais qu’elle est actuellement une organisation qui traverse une crise existentielle difficile. C'est-à-dire qu’en ce moment, l'UE ne dispose pas du potentiel qu’elle avait dans les années 90, lorsqu’elle a admis parmi ses membres l'Autriche, donnant ainsi une impulsion à la résolution du problème du Tyrol du Sud.