
Une lutte efficace contre la corruption et la réforme de la justice sont d’un intérêt essentiel pour la Serbie et ses citoyens, et, non seulement une condition pour les intégrations europénnes, a-t-on fait ressortir à la conférence sur les préalables systémiques pour la prévention de la corruption, organisée à Belgrade. Ainsi qu’il a été indiqué, on nécessite pour progresser dans ce domaine d’une approche systémique, et, avec de bonnes lois, il faut les appliquer de la meilleure manière. Plus de détails de la plume de Suzana Mitic.
La corruption est l’un des plus grands problèmes en Serbie, a mis en relief Goran Ilic, président de l’Association des procureurs, et, suppléant des procureurs de Serbie, en s’adressant aux participants à la conférence. La Serbie a adopté un grand nombre de réglementations dans le domaine de la lutte contre la corruption, mais celles-ci ne sont pas appliquées, a ajouté M. Ilic, en rappelant que notre pays avait toujours un mauvais rating dans ce domaine. Une des raisons, qui explique pourquoi la Serbie n’a guère avancé sur ce plan, est le fait qu’il n’existe avec conviction et maturité la conscience de l’importance de l’indépendance des institutions dans la prévention de la corruption, a fait ressortir M. Ilic.
’’Il ne suffit pas de proclamer une institution indépendante, si la méthode d’élection et la destitution des personnes, qui appartiennent à cette institution, ne sont pas en fonction de l’assurance de leur indépendance. En témoigne le mieux la Constitution de la République de Serbie, qui proclame l’indépendance du Parquet, mais tenant compte de la méthode d’élection des membres du Conseil de l’Etat, des procureurs, je suis convaincu que cette méthode n’est pas en fonction de l’assurance de l’indépendance du Parquet’’, a laissé entendre M. Ilic.
Voilà déjà 12 ans que l’on parle, en Serbie, de la réforme de la justice, et, depuis le début des réformes dans ce domaine, des débats sont constamment menés sur la question de savoir si nous nous trouvons sur la bonne voie, a dit Dragana Boljevic, présidente de la Société des juges de Serbie, qui, ensemble avec l’Association des procureurs, a organisé cette conférence.
Malheureusement, a ajouté Mme Boljevic, la confiance des citoyens en l’indépendance du pouvoir judiciaire et du Parquet est plus petite qu’au début des réformes dans la justice.
En saluant les participants au nom du président de la Serbie, Tomislav Nikolic, son conseiller pour les questions juridiques, Oliver Antic, a rappelé que la lutte contre la corruption était une des priorités, et, que le plus grand souhait du président était de faire accélérer la voie de la Serbie vers l’Etat de droit et le règne du droit.
’’A mon avis, le principale obstacle à ce que nous nous trouvions sur une voie accélérée vers l’Etat de droit, réside dans l’ingérence du pouvoir executif. Depuis 1945 jusqu’à nos jours, le pouvoir executif avait toujours eu une grande influence sur la justice dans son ensemble, plus ou moins grande. Aussi, le président Nikolic a-t-il dit que les organes de l’Etat devaient finalement accomplir leur travail, sans pressions’’, a mis en relief M. Antic.
M. Antic a également indiqué que le critère au niveau de la réélection des juges et des procureurs devait être ferme et objectif, et, a constaté que des erreurs avaient été commises dans la procédure de réélection.
Le règne du droit peut être mis en place efficacement uniquement à travers un système judiciaire indépendant, et, seul, une justice indépendante peut assurer un succès dans la lutte contre la corruption, a fait ressortir le chef de la délégation de l’UE, en Serbie, Vincent Dégert. Il a ajouté que le progrès dans ce domaine n’était pas une condition à la Serbie sur la route de l’intégration européenne, mais bien des conditions de base.
L’ambassadeur français, en Serbie, François Xavier Deniau, a constaté la nécessité d’accélérer les activités en vue de réparer les erreurs, commises dans le processus de réélection des juges et des procureurs. Une justice indépendante, efficace et transparente, est la colonne vertébrale de la démocratie et du développement de la société, a dit Dmitrios Kipreos, chef de la Mission de l’OSCE, en Serbie. En soulignant que la lutte contre la corruption est un défi exceptionnel, il a exprimé l’espoir que le nouveau Gouvernement ferait face courageusement à ce devoir.
